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La crise du logement ‘Invoquer l’écologie pour bloquer des constructions, c’est se moquer du monde’

 

 

Ce constat vient d’Emmanuelle Cosse, ancienne Ministre du Logement sous Emmanuel Macron et présidente d’Europe Ecologie – Les Verts qui s’est exprimée ainsi dans sa fonction de présidente de l’Union sociale pour l’habitat, organisation qui représente les intérêts du logement social en France.

Et en tant que telle, elle trouve de mots très clairs:

"Je suis écologiste, je veux qu’on protège la planète et qu’on réduise notre empreinte écologique. Mais l’intérêt général, c’est qu’on ne peut pas laisser des millions de personnes en difficulté pour se loger." Et elle poursuit : "On ne peut pas dire à des millions de personnes qui tous les jours galèrent pour trouver un loyer abordable qu'au nom de l’écologie, on ne va pas vous aider"

Elle exprime ici une position qui n’a plus sa place dans le débat au Luxembourg.

Et pourtant, la pénurie de logements est LA priorité politique laquelle nous devons adresser rapidement.

Pour cela, il devrait être tout à fait évident, que la finalité d’une politique environnementale ne peut pas être de créer systématiquement des blocages au niveau de la création de logements.

Il devrait être possible de construire du logement rapidement et sans bureaucratie excessive  sur les surfaces explicitement réservées à la création de logements.

Au Luxembourg, beaucoup de jeunes adultes sont contraints de résider chez leurs parents. Des centaines de bénéficiaires de protection internationale restent bloqués dans les structures d’accueil. De familles avec enfants sont à l’étroit dans des appartements trop petits. Toute l’économie souffre du manque de main d’œuvre qualifié qui évite le Luxembourg à cause des prix du logement.  

Tout cela parce que le marché du logement locatif n’arrive pas à suivre l’évolution démographique du pays. Au Luxembourg, on n’arrive pas à créer rapidement en efficacement du logement. On a besoin davantage de logement social pour les familles modestes, mais aussi davantage de logement pour la classe moyenne.

Il y a de l’urgence partout.

Pour faire des progrès en la matière, il est primordial d’accorder très rapidement des autorisations de bâtir dans les limites du périmètre de construction. « Un terrain de construction doit être construisible. Point à la ligne.» Cela est une revendication de longue date que le secteur de la construction ne cesse de répéter.

 

Emanuelle Cosse aborde une deuxième problématique:. "Si on n’a pas pu produire ces logements, c’est parce qu’on n’a pas eu les autorisations, ni obtenu les permis de construire, ni eu les financements qui nous permettaient de sortir ces opérations."

A côté de la politique du blocage du ministère de l’Environnement, le ministère de l’Intérieur aussi a sa part de responsabilité. Aujourd’hui, chaque bourgmestre a l’autorité d’amender, voir d’empêcher, des projets de construction dans sa commune. Sur ce plan, le ministère devrait exercer une certaine tutelle. Il doit être permis de se poser la question si un partage des responsabilités entre l’Etat et les collectivités locales, qui remonte à l’année 1848, est toujours d’actualité ou même dans l’intérêt des communes. Ne serait-il pas préférable d’avoir une réglementation cohérente sur l’ensemble du territoire au lieu d’une situation où les règles du jeu pour créer du logement changent tous les 3 kilomètres.

On a assez discuté. Le temps est venu d’agir : Construire plus dense, plus haut, plus rapidement, construire PLUS. Et pourquoi pas dans le cadre d’un public-private partnership dans lequel l’Etat canaliserait les capitaux et les compétences du secteur privé pour promouvoir la création de logements ? Ce n’est qu’en actionnant chaque levier qu’on pourra avancer dans ce dossier dans un délai plus ou moins raisonnable.

Toutes les mesure envisagées par le ministère du Logement portent sur le long terme. Le Pacte Logement II et le „Baulandvertrag“ montreront leurs effets dans 10 ans.

Dans ce contexte, la déclaration "Je n'échouerai pas"  du ministre en charge du dossier relève quelque peu du sarcasme, vu qu’il ne sera plus en fonction quand les mesures auront des effets ou non d’ici dix ans.

On doit inverser la tenance aujourd’hui et c’est pour cela que nous devons agir rapidement. Depuis plus d’un an nous combattons la crise sanitaire avec tout un arsenal de mesures de crises. Pourquoi ne pas déclarer l’état de crise pour le logement et pourquoi ne pas prendre des mesures de crises qui sont à la hauteur du problème.

Les décideurs politiques doivent se positionner. Est-ce qu’ils prennent la mesure du problème ou est-ce qu’on se contente de traiter la pénurie de logements dans le cadre de discours du dimanche alors que la situation sur le terrain reste inchangée. Est-ce que la mentalité du NIMBY et le succès électoral pèsent plus lourds que de prendre des décisions, éventuellement impopulaires, en faveur du logement.

Où sont les décideurs qui font leur « coming out » en se positionnant résolument en faveur de la création de logement ? On verra bien si quelqu’un aura le courage de se manifester.

 Michel Reckinger

Président de l’UEL

*cette tribune libre est paru le 5 mai dans les pages du Tageblatt


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