Discours sur l’état de la nation 2026

Discours sur l’état de la nation 2026 : l’artisanat salue certaines avancées, mais attend des réponses concrètes pour relancer l’économie

Communiqué de presse

Luc Frieden, Premier ministre © SIP/ Julien Warnand

Luc Frieden, Premier ministre – © SIP/ Julien Warnand

La Fédération des Artisans prend acte du discours sur l’état de la nation présenté par le Premier ministre Luc Frieden et reconnaît plusieurs orientations positives pour les entreprises artisanales et les PME luxembourgeoises.

Les annonces concernant la simplification administrative, l’accélération des procédures de construction, les investissements dans le logement ainsi que certaines mesures de soutien à la transition énergétique vont dans une direction défendue depuis longtemps par l’artisanat.

Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, l’incertitude énergétique et le ralentissement économique, la volonté du Gouvernement de préserver la cohésion sociale et de maintenir le dialogue social est également importante.

Une situation économique extrêmement tendue

La Fédération des Artisans souhaite néanmoins rappeler avec force que la situation économique sur le terrain reste extrêmement préoccupante.

De nombreuses entreprises artisanales traversent actuellement une période très difficile. Dans plusieurs secteurs, notamment dans la construction, l’activité reste insuffisante, les marges sont sous pression et les investissements ralentissent fortement.

Les entreprises sont confrontées simultanément :

  • à des coûts salariaux élevés,
  • à une perte de compétitivité,
  • à une charge administrative toujours croissante,
  • ainsi qu’à une rentabilité de plus en plus fragile.

Le discours reconnaît ces difficultés à plusieurs reprises. Mais la Fédération des Artisans constate qu’il apporte peu de réponses concrètes sur la manière dont le Gouvernement entend véritablement redynamiser l’économie luxembourgeoise et remettre le pays sur une trajectoire de croissance durable.

La compétitivité doit redevenir une priorité

L’artisanat estime que les défis structurels de l’économie luxembourgeoise doivent être abordés de manière plus directe.

La question de la productivité, de la rentabilité des entreprises et de la compétitivité du site économique luxembourgeois ne peut plus être évitée.

Sans entreprises rentables et capables d’investir :

  • il n’y aura ni création d’emplois durable,
  • ni financement du modèle social,
  • ni réussite des transitions énergétique et digitale.

L’artisanat veut rester un partenaire de solutions

La Fédération des Artisans continuera à participer de manière constructive au dialogue avec le Gouvernement et les partenaires sociaux.

L’artisanat est prêt à contribuer activement aux solutions permettant :

  • de préserver l’emploi,
  • de renforcer la compétitivité,
  • de soutenir les entreprises,
  • et de garantir à long terme la prospérité du Luxembourg.

Car une chose reste fondamentale : sans une économie forte et des entreprises viables, il ne pourra y avoir ni cohésion sociale durable, ni financement des ambitions politiques annoncées.

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Qui dirige – et vers où ? Le retour de la politique ?

Les « rondes sociales » sont terminées. Les problèmes, eux, demeurent. La question des retraites, surtout, a été reportée aux prochaines élections. Le ballon n’est donc plus dans le camp des concertations ritualisées, mais dans celui des partis politiques : à eux maintenant de se positionner clairement. L’enjeu décisif sera de voir jusqu’où ils s’accordent à eux-mêmes une marge d’action — et si le Parlement et le gouvernement sont prêts à utiliser cet espace avec détermination, ou mieux encore, à en créer de nouveaux.

Qui dirige – et vers où ?
Les récents développements ont mis en lumière ce que de nombreuses entreprises constatent depuis des années : un dialogue social qui ne fonctionne que lorsque les syndicats ont le dernier mot n’est pas un dialogue, mais un système de veto. Que les syndicats se retirent ostensiblement lorsqu’ils ne parviennent pas à imposer pleinement leurs positions peut relever d’un calcul politique — mais cela ne décharge pas la politique de sa responsabilité. Au contraire : c’est maintenant que se révèle si le gouvernement et le Parlement peuvent agir de manière autonome sur les dossiers essentiels.
La coalition l’a souvent répété : un État social durable a besoin d’une économie performante. C’est juste — mais cela devient plus exigeant. La dynamique du Luxembourg a toujours été étroitement liée à la conjoncture en Allemagne et en France ; or, les perspectives y sont actuellement moroses. Parallèlement, l’économie mondiale se réorganise en blocs d’influence dont le Luxembourg, en tant que gagnant classique de la mondialisation, ne profite plus automatiquement. Il importe donc d’autant plus de se concentrer sur ce que nous maîtrisons nous-mêmes : les priorités fixées par le gouvernement et les décisions portées par la majorité parlementaire.

Les priorités du moment
Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce n’est pas d’un nouveau catalogue de bonnes intentions, mais d’une action visible, structurée autour de quelques axes clairs.
– Premièrement, la compétitivité doit être renforcée de manière tangible.
– Deuxièmement, il faut un véritable sursaut de productivité dans les PME.
– Troisièmement, la réduction de la bureaucratie ne peut plus être un slogan : il s’agit désormais d’une question de délais : durées maximales obligatoires pour les autorisations, guichets uniques réellement opérationnels, et application du principe « silence vaut accord » pour les cas standard. Beaucoup de choses ont été envisagées ; il faut maintenant les mettre en œuvre.
– Quatrièmement, la construction de logements doit redevenir un domaine attractif pour l’investissement : procédures plus rapides, mobilisation des terrains constructibles, canaux de financement fiables. Sans logements, pas de main-d’œuvre ni de familles ; sans main-d’œuvre, pas de croissance.
– Cinquièmement, l’organisation du travail doit revenir là où le travail se fait : dans les entreprises, en concertation avec les équipes. Le CPTE, avec ou sans les syndicats, devrait rapidement proposer un cadre permettant des solutions proches du terrain.

Retraites : repousser n’est plus une stratégie
Sur la question des retraites, il faut maintenant avant tout de la clarté et de la rapidité. Les annonces actuelles ne stabilisent la situation qu’à court terme. Il reste un délai d’environ trois ans pour mener un débat ouvert : trajectoires démographiques et financières, transitions flexibles avec accompagnement social, et surtout, capacité de décision politique. Le dossier des retraites n’est pas un bras de fer permanent entre employeurs et syndicats, mais un enjeu de société ; il doit donc être traité par le Parlement et le gouvernement.

CNS : le prochain test de résistance
Un autre patient préoccupant est l’assurance maladie. La CNS va continuer à creuser son déficit, tandis que les taux d’absentéisme explosent. Là aussi, se posent la question des cotisations, mais aussi celles des structures et des incitations. Il faut des approches qui conjuguent maîtrise des coûts et sécurité des soins : par exemple, une participation mesurée des assurés au versement des indemnités de maladie, avec des mécanismes de protection pour les bas revenus, un renforcement de la prévention et de la santé au travail, des contrôles plus rapides et plus efficaces. Les appels réflexes à « injecter plus d’argent dans le système » ne remplacent pas les réformes structurelles. Au bout du compte, la vraie question est de savoir combien de temps les cotisants accepteront sans mot dire la hausse continue des prélèvements sur leurs revenus disponibles.

L’émancipation comme raison d’État
Le dialogue social peut être utile, à condition d’être moderne : ouvert, transparent, orienté vers les résultats. Cela suppose : une base factuelle commune, des rôles clairement définis — consulter, peser, décider — et, au final, assumer la responsabilité. Ce que le dialogue social ne peut ni ne doit faire, c’est remplacer le leadership politique. Les partenaires sociaux peuvent donner des orientations ; mais c’est à la politique de décider et d’agir. Cela implique, dans toutes les fonctions essentielles de l’État, de se libérer des logiques de veto, d’examiner les revendications au lieu de les reprendre, et de construire ses propres majorités pour des solutions viables.

Du “non systématique” à la culture du faire
En parallèle, il faut relancer l’économie. Nous devons mobiliser tous les leviers pour stimuler l’investissement dans le logement, accélérer les autorisations et redonner de l’air aux entreprises pour investir, former et innover. Il faut, globalement, un changement de mentalité rapide : passer d’une logique de blocage à une culture de la création — du « non » au « faire ». Le monde ne nous attend pas. Le Luxembourg ne gardera son avance que s’il reste agile, pragmatique et courageux — et s’il agit en conséquence.
Les rondes sociales sont terminées. Les problèmes, eux, demeurent. C’est maintenant que la politique doit redevenir actrice : avec des priorités claires, des décisions solides et un dialogue qui agit non pas sur la façade, mais sur les fondations. Ceux qui saisissent et élargissent les marges d’action feront sortir le pays de la salle d’attente. Ceux qui continuent à tergiverser perdront du temps — et la confiance.

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La simplification n’est pas un soulagement

L’Europe et les gouvernements nationaux promettent depuis des années une « réduction de la bureaucratie ». En général, cela signifie moins de papier, plus de portails et un peu moins d’efforts.
Mais ce dont l’économie a besoin, c’est d’ un soulagement stratégique : la liberté de se concentrer sur son activité principale, d’investir, de conserver ses employés et d’essayer de nouvelles choses.

La simplification fait gagner du temps. Le soulagement crée la liberté.

La politique se concentre sur les processus, et non sur les objectifs.
Elle modernise les procédures, mais pas le cadre dans lequel elle doit agir.

L’Europe sans boussole

L’Europe perd le sens de l’orientation. Il existe des stratégies et des plans d’action pour tout, mais aucune vision claire pour demain.
Ce qui manque, c’est le fil conducteur qui permet de créer une image globale à partir des petits détails avec lesquels les citoyens et les entreprises pourraient faire quelque chose.

Alors que certains parlent de droits acquis et d’autres de coûts de localisation, le lien est perdu : la prospérité naît du pouvoir économique et non des réglementations.

La protection du climat et la transformation numérique ne sont possibles que pour les pays riches, voire pas du tout. L’appauvrissement progressif n’est bon ni pour l’environnement ni pour la cohésion sociale, et pourtant, il semble que ce soit la voie que nous poursuivons sans relâche. L’industrie délocalise, les investissements se tarissent, l’Europe devient le retardataire mondial sur les questions clés, et les responsables politiques réagissent par des programmes toujours nouveaux pour atténuer les effets de leurs propres décisions au lieu de les repenser en profondeur.

Quand l’orientation fait défaut, la peur grandit

Les gens ressentent cette désorientation. Les craintes face à l’avenir augmentent, et avec elles, l’afflux de voix vers les marges politiques. La réaction des partis traditionnels ?
Souvent, ce n’est pas une introspection, mais plutôt une indignation face aux électeurs qui les désertent.

Mais la majorité des électeurs ne tournent pas le dos à la démocratie ; ils recherchent plutôt la stabilité et une orientation . Ils se demandent à quoi ils peuvent encore se fier ? Où est l’assurance crédible que l’emploi en Europe est assuré ? Où existe-t-il, au-delà des vœux pieux, des arguments cohérents démontrant le fonctionnement réel des politiques de l’UE ?

L’Europe parle de résilience, de souveraineté et de transformation. Mais la réalité est que sa base industrielle se rétrécit et que des chaînes de valeur entières sont menacées de disparition. Et en retour ?

Lorsque les gens ont le sentiment que leurs réalités ne cadrent plus avec le langage politique, la confiance s’effrite. Et la confiance ne se regagne pas par la communication et les belles paroles, mais seulement par la clarté, la prévisibilité et, surtout, par l’action .

Ce qu’il faut, c’est une politique qui ne considère pas l’économie comme un problème ou comme un vecteur de valeurs irréalistes, mais comme une partie de la solution.

L’érosion des fondements économiques

Nous tenons pour acquis que les entreprises créent des emplois, génèrent de la valeur ajoutée et paient des impôts.
Mais cette évidence est devenue fragile.

L’Europe met en péril sa base industrielle en considérant la décarbonation comme une panacée et en oubliant que la protection du climat ne peut fonctionner sans une économie forte.
Mais même les militants pour le climat semblent désormais l’avoir compris : l’innovation a besoin d’énergie, la transformation a besoin d’investissements, et le climat et l’énergie ne sont pas une question de foi, mais un domaine politique qui, comme tout autre domaine politique, doit être examiné de manière critique et, si nécessaire, adapté.
Ceux qui augmentent les coûts de production et étranglent les chaînes d’approvisionnement ne sauvent pas le climat, mais chassent la valeur ajoutée et les emplois hors d’Europe.

PME : l’épine dorsale sous pression

Pour les petites et moyennes entreprises, le travail quotidien devient de plus en plus stressant.

CSRD, CSDDD, Réglementation sur la déforestation …
La bureaucratie qui en résulte submerge même les grandes entreprises ; pour les artisans, les exigences sont tout simplement hors de ce monde.

Chaque nouvelle directive se prétend « durable » ou « équitable », mais au final, il ne reste que paperasserie et frustration, et généralement un manque d’ impact mesurable sur le « malheur » que la directive est censée résoudre. Que reste-t-il, au final, sinon une politique symbolique au détriment des entreprises et, à terme, de l’emploi ?
Si une boulangerie ou une entreprise de plomberie consacre plus de temps aux reçus qu’aux clients, elle laissera la clé sous la porte. Problème résolu définitivement ?!

L’exode massif des emplois a commencé. Le secteur de l’équipement automobile est en pleine activité, avec déjà des centaines de milliers d’emplois perdus.

La réponse politique est mitigée, au mieux.Les monstres bureaucratiques ne sont pas enfermés, ils sont juste légèrement rognés. La politique ne connaît plus les demi-tours, seulement des ajustements hésitants sur la mauvaise voie.

Le Luxembourg entre réflexe et réalité

Le Luxembourg n’est pas un cas particulier, mais simplement un reflet miniature de l’Europe.

Nous pensons que la bataille décisive finale aura lieu dans la lutte entre les syndicats et les employeurs, tandis que les problèmes les plus fondamentaux semblent échapper au champ de la politique.
Pendant ce temps, le pays perd le cap.

Nous avons également des stratégies et des plans d’action pour tout. Mais il n’existe pas de récit cohérent et partagé sur ce que devrait être le Luxembourg de demain. Comment sommes-nous censés préserver la prospérité que nous considérons naïvement comme un don de Dieu dans un avenir proche ?

La tâche est claire : le Luxembourg a besoin d’un récit à nouveau inspirant.
Pas d’un nouveau comité, ni d’un nouveau plan d’action. Une idée qui tienne la route.
Une orientation qui explique pourquoi l’effort en vaut toujours la peine, et une politique qui redonne confiance en elle-même et en sa population.

Parce que les entrepreneurs ont aussi besoin de sens.
Ils se lèvent plus tôt le matin que le reste du pays, travaillent plus longtemps, prennent plus de risques – et sont souvent traités comme s’ils étaient un mal nécessaire, et non le pilier de notre prospérité.
Ce qu’ils veulent, ce ne sont pas des applaudissements, mais de la confiance .
Que les politiciens leur fassent confiance pour assumer leurs responsabilités. Qu’ils écoutent au lieu de faire la leçon. Un peu de reconnaissance ne ferait pas de mal non plus, non pas sous forme de remerciement à la réception, mais comme prise de position politique.

Le Luxembourg pourrait être un laboratoire du réalisme européen : assez petit pour agir avec souplesse, assez stable pour être audacieux.
Au lieu de suivre les lignes de Bruxelles, nous pourrions montrer que la politique de localisation est bien plus que de simples objectifs climatiques et un dialogue social.
Cette force économique n’est pas un effet secondaire, mais la condition préalable au bon fonctionnement de tout le reste.

Que faut-il pour cela ?
Moins de réflexes, plus de direction. Moins d’intérêts personnels, plus de détermination pour l’avenir.

Christian Reuter
Secrétaire général adjoint

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Conclusions de la concertation sociale

Pas un grand coup d’éclat – mais un premier changement de cap

Les conclusions des concertations sociales étaient-elles le grand tournant attendu ? Certainement pas. Était-ce un premier pas dans la bonne direction ? Assurément oui. C’est ainsi qu’on peut résumer, sobrement, l’issue des récents échanges entre le Gouvernement et les partenaires sociaux. Après deux tours chahutés en juillet, où le Gouvernement peinait visiblement à afficher une ligne propre, on observe désormais un changement de cap prudent : les propositions sur le travail dominical et les horaires d’ouverture des commerces ne constituent pas une dégradation pour les entreprises et restent relativement proches de l’orientation initiale du Gouvernement.

L’organisation du travail sera abordée dans les prochains mois au Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE) entre partenaires sociaux. Notre priorité : que le travail puisse s’organiser là où il se fait – au niveau de l’entreprise, en concertation avec ses propres salariés.

Esquisse de volonté d’action politique

Si le courage politique demeure mesuré, le Gouvernement a néanmoins accepté d’assumer la responsabilité d’un résultat d’ensemble, sans l’accord explicite des syndicats. C’est notable : jusqu’ici, les exécutifs successifs s’étaient souvent laissés dicter, presque au mot près, ce qui serait ou non « possible » au Luxembourg. On discerne ici un début de volonté d’action politique.

Un tabou désormais à l’agenda

Un tabou a enfin été placé sur la table : les retraites. Les premiers signaux de volonté de réforme sont visibles : maintien des mécanismes automatiques d’ajustement prévus par la loi, relèvement progressif de l’âge de départ, amorce de passerelles plus flexibles. Ce n’est pas une percée, d’autant que le cœur du dispositif reste une hausse des cotisations. C’est toutefois l’aveu que le temps du déni doit prendre fin. Dans le même temps, une évidence demeure : les mesures annoncées ne suffisent pas. Sans réformes structurelles, la dynamique démographique poussera notre régime par répartition à ses limites. Prolonger le statu quo conduirait, en projection, à jusqu’à un million d’emplois supplémentaires d’ici 2050 – soit, de facto, un triplement de la population. Ni économiquement, ni socialement réaliste.

Temporiser… avec de nouvelles règles du jeu

Les propositions actuelles sont présentées comme une stabilisation du système des retraites « d’ici 2030 ». Du point de vue des employeurs, c’est trop optimiste. Faute de croissance, sans hausse de l’emploi et avec des dépenses en augmentation, nous estimons la fenêtre de tir à trois ans pour élaborer des solutions durables – faute de quoi nous irons vers une crise structurelle qui ne se résoudra ensuite, au mieux, qu’au prix de mesures douloureuses.

Ce sujet est trop important pour être repoussé de scrutin en scrutin. Toutes les formations politiques doivent s’engager dans un débat fondé sur les faits : hypothèses transparentes, scénarios traçables, objectifs clairs. Le but doit être un large consensus politique, qui dépasse les législatures, plutôt que des positions à courte vue nourrissant des réflexes populistes.

Le dialogue social peut jouer un rôle constructif. Mais il faut un nouveau mode opératoire, un dialogue social 2.0 : ouvert, fondé sur les données et orienté résultats. Concrètement : base commune sur la démographie, le marché du travail et les trajectoires financières ; calendriers contraignants avec jalons et évaluation ; rôles clarifiés entre consultation, mise en balance et décision. C’est à ce prix que les annonces deviennent agenda de réformes – et que le premier changement de cap devient cap véritable. Les partenaires sociaux peuvent donner des repères et aider à tracer les chemins, mais ils ne sauraient se substituer à la capacité d’action et d’arbitrage du politique. Parlement et Gouvernement portent la responsabilité et doivent impulser le changement – non se limiter à observer et à modérer.

Au-delà du bras de fer : la retraite est un enjeu de société

Les syndicats doivent, eux aussi, débattre sur la base des réalités s’ils veulent être reconnus comme force de proposition – et non comme simples empêcheurs bruyants. Le public est également appelé à s’emparer sérieusement de la question. La mise en scène médiatique comme bras de fer syndicats/employeurs est réductrice. Les retraites relèvent d’un système solidaire auquel toute la société contribue et dont toute la société attend des prestations. L’enjeu n’est pas ce qui est politiquement ou syndicalement souhaitable, mais ce qui est collectivement soutenable et finançable.

Les faits incontournables doivent être au centre du débat : à brève échéance, chaque cotisant actif devra, en moyenne, financer un retraité, tout en assurant sa propre retraite, en élevant des enfants, en se logeant et en supportant le coût de la vie. Ignorer cette réalité, c’est faire de la politique de vœux pieux. D’où la nécessité d’une refonte du pacte intergénérationnel national : plus de solidarité envers les jeunes et les générations à venir – y compris de la part des retraités d’aujourd’hui. Nous sommes convaincus que la jeunesse prendra davantage la parole dans les prochains mois et années pour exiger plus d’honnêteté et de responsabilité dans le débat. Tant mieux. Si nous l’écoutons et ancrons le dialogue dans des chiffres solides, des priorités claires et un partage équitable des efforts, nous construirons ce dont le Luxembourg a besoin : un consensus durable entre les générations.

Relancer l’économie

Dans le même temps, il faut relancer l’économie. Mobilisons tous les leviers pour stimuler l’investissement dans le logement : procédures d’autorisation plus rapides, cadre prévisible, canaux de financement fonctionnels. Les obstacles bureaucratiques doivent être levés sans tarder, afin que les entreprises retrouvent de l’oxygène pour investir, former et innover. Plus largement, il faut basculer rapidement d’une culture du blocage vers une culture de la réalisation – passer du « non » au « faire ». Le monde ne s’arrête pas. Le Luxembourg n’a une chance que s’il reste agile, pragmatique et courageux – et qu’il agit en conséquence.

Christian Reuter

Le Luxembourg à l’arrêt – Les réformes sont-elles encore possibles ?

Le Luxembourg à l’arrêt – Les réformes sont-elles encore possibles ?

Une success story avec des fissures
Le Luxembourg jouit de la réputation d’un pays stable et prospère, doté d’institutions solides, d’un faible taux de chômage et du système social le plus généreux au monde. Cette image correspond encore en partie à la réalité en surface. Pourtant, un regard plus attentif révèle des fissures dans ce modèle. Derrière la façade de stabilité, les signes d’une fatigue structurelle se multiplient.

En tant que société, nous devons nous confronter à une question inconfortable mais nécessaire : le Luxembourg est-il encore capable de se réformer ?

Cette question va bien au-delà d’un exercice intellectuel. Elle touche au fondement même de notre vivre-ensemble, sur les plans social et économique. Les défis auxquels nous faisons face ne sont pas abstraits – ils sont concrets, tangibles et pressants : un vieillissement rapide de la population, une pression croissante sur les systèmes de sécurité sociale, une productivité stagnante dans des secteurs clés, des infrastructures surchargées, un marché du travail qui ne fonctionne que grâce à une immigration permanente, et un fossé croissant entre les modèles d’emploi « publics » et « privés », ancré dans le différences de participation politique.

En même temps, nous évoluons dans un contexte mondial de profondes mutations : tensions géopolitiques, transformations technologiques, changements dans les relations commerciales, incertitudes énergétiques. Tout cela nous oblige à redéfinir notre marge de manœuvre – et à l’utiliser pleinement là où nous avons une emprise.

Les formules de compromis ne remplacent pas les priorités
Le Luxembourg aspire à être non seulement un pays prospère, mais aussi moderne, juste et tourné vers l’avenir. Pourtant, l’écart entre ambition et réalité se creuse. Notre système politique – et notre société dans son ensemble – peinent à répondre à la complexité actuell. Les décisions sont reportées, les conflits évités, les vérités dérangeantes contournées. Plutôt que de fixer des priorités claires, nous nous perdons dans des compromis et des logiques procédurales, idéalisées sous le terme de « dialogue social », mais qui deviennent de plus en plus dysfonctionnelles. Ce qui manque, c’est une direction commune, une volonté claire d’agir et d’assumer des responsabilités.

Cette tendance se manifeste particulièrement dans l’état actuel du dialogue social. Conçu à l’origine pour relever ensemble les défis sociétaux, il est trop souvent devenu la scène d’exercices unilatéraux de pouvoir, parfois contre l’intérêt public. La recherche systématique du consensus conduit souvent à l’absence  de décision. Les syndicats perçoivent de plus en plus leur mandat comme un droit de veto transversal, tout en refusant d’assumer ouvertement toute responsabilité sur les questions d’avenir. Le monde politique a tendance de se replier sur un rôle de médiateur, tandis que les propositions du côté patronal rencontrent fréquemment un refus catégorique ou un simple désintérêt. L’énergie semble davantage être investie dans la façade plutôt que dans les fondations.

La responsabilité exige du leadership
Il doit être clair que la responsabilité de façonner l’avenir de notre pays nous incombe collectivement – politique, partenaires sociaux et société. La Constitution confie au Parlement et au gouvernement la mission de donner une direction – non pas seuls, mais dans un esprit de participation, tout en évitant de repousser indéfiniment les décisions. Lorsque l’intérêt général l’exige, il faut prendre des décisions difficiles et les expliquer avec transparence. Cela vaut même lorsque les syndicats voient leur pouvoir remis en question. Et cela est autant plus vrai lorsque la rue tente d’imposer sa volonté à l’ensemble de la collectivité. Oui, 15 000 personnes étaient dans la rue. Mais ce jour-là, 500 000 salariés ne l’étaient pas. Il nous faut plus de volonté de décider sur la base d’analyses réfléchies – et pas seulement en fonction du volume sonore.

La question centrale n’est pas de savoir si des réformes sont nécessaires – cela ne fait aucun doute. La véritable question est : qui aura le courage de réellement les engager ?

Une paix sociale fondée sur l’honnêteté
La valeur de la paix sociale n’est contestée par personne. C’est un bien précieux – mais pas une fin en soi. Une paix sociale obtenue en évitant systématiquement les discussions nécessaires mais potentiellement conflictuelles n’est pas durable. Elle est fragile, trompeuse – et au final aussi dangereuse. La vraie stabilité ne réside pas dans le statu quo, mais dans la capacité à se renouveler.

Nous avons donc besoin d’un nouvel état d’esprit, à tous les niveaux. Une politique consciente de sa responsabilité de leadership et décidée à l’assumer. Des partenaires sociaux qui ne se limitent pas à défendre leurs acquis, mais qui s’engagent à façonner l’avenir sur la base de faits. Et un public prêt à mener des débats nuancés, sans céder aux réflexes manichéens.

Dialogue social 2.0 – plus ouvert, plus honnête, plus orienté vers les solutions
Le dialogue social a une longue tradition au Luxembourg – et mérite le respect. Mais il a besoin d’une mise à jour. Non pas parce qu’il serait devenu inutile, mais parce qu’il doit retrouver sa fonction initiale : être un lieu de responsabilité partagée.
Nous avons besoin d’un dialogue plus ouvert, plus transparent et fondé sur les faits. Un dialogue où il est permis d’exprimer des vérités dérangeantes, sans être immédiatement sanctionné par un rejet catégorique.
Un vrai dialogue social reconnaît l’existence d’intérêts divergents – mais admet que c’est à la politique, en dernier ressort, de peser, de décider et d’assumer la responsabilité.

Le moment, c’est maintenant
Le Luxembourg a prouvé à plusieurs reprises dans son histoire qu’il était capable de nouveaux départs courageux. Après la Seconde Guerre mondiale, lors de la reconversion après la fin de l’ère sidérurgique, lors de la construction de la place financière – dans toutes ces phases, le pays a montré sa capacité à se corriger et à se réinventer.
Aujourd’hui, un tel moment est à nouveau venu. La différence : il n’y a pas de contrainte extérieure dramatique. Pas de rupture remettant tout en question. Ce que nous vivons est une lente érosion – un décalage croissant entre les exigences de la réalité et la capacité d’action de nos institutions. C’est précisément pour cette raison que la pression pour agir est plus forte que jamais. Maintenant est le moment de prendre cette responsabilité – ensemble.

Christian Reuter
Secrétaire général adjoint
Fédération des Artisans

Qui gouverne le pays : le gouvernement ou les syndicats ?

Sur l’échiquier politique mondial, les pièces sont en mouvement. Les alliances politiques issues de l’après-guerre, y compris les alliances de défense, se dissolvent. Le centre de gravité économique se déplace de l’Occident vers l’Asie. Les démocraties deviennent vulnérables aux courants populistes, notamment en raison de leur incapacité perçue à agir et de leurs priorités jugées erronées.

La pression d’agir est particulièrement forte en Europe, si nous voulons préserver notre situation relativement privilégiée dans le monde. Blocage de l’innovation, désindustrialisation, déclin économique, changement démographique, déséquilibres dans les systèmes sociaux, auto-sabotage bureaucratique : autant de points sur lesquels il faut intervenir rapidement.

Au Luxembourg, comme chacun le sait, le temps s’écoule différemment. Nous avons tendance à balayer sous le tapis les sujets décisifs pour l’avenir, tout en nous perdant dans des détails insignifiants.

Depuis plusieurs mois, l’ensemble du paysage syndical, désormais regroupé en un front commun, est en mode combat. Face à la réforme des horaires d’ouverture des magasins et du travail dominical, les syndicats considèrent que le tissu social luxembourgeois est au bord de l’effondrement. Leur soutien au sein de la population active étant très limité, ils n’appellent pas à la grève le 28 juin, mais à une manifestation à laquelle la société civile est également invitée. On peut donc déjà prévoir qu’il ne sera pas principalement question de relations de travail.

Depuis des décennies, l’objectif des syndicats reste le même : empêcher le gouvernement et le parlement de faire de la politique dans leur cœur de métier. Relations de travail, systèmes sociaux, redistribution… Ce sont les syndicats qui fixent l’agenda politique et définissent le cadre des solutions. Leur tour de force est d’avoir réussi, en plus, à vendre ce diktat à la politique et au public comme une success story.

Cependant, ce modèle s’effrite.

Les élections sociales ont clairement montré que les syndicats ne jouent qu’un rôle limité dans le monde du travail. Trois quarts des salariés ne votent pour aucun syndicat. Trois quarts des délégations du personnel fonctionnent sans implication syndicale. Malgré ce déficit évident de légitimité, ils revendiquent le monopole de la négociation. Aucun employeur ni aucune délégation du personnel ne devrait pouvoir organiser le travail de manière autonome dans son entreprise. Une conception bien étrange de la démocratie, si l’on considère les élections sociales comme l’expression de la volonté des travailleurs et non comme une simple vitrine des syndicats.

Le gouvernement a remis en question ce modèle et envisage au moins que certains points puissent être négociés au sein de l’entreprise, directement entre employeurs et salariés, sans l’intervention des syndicats.

Que des employeurs puissent s’entendre avec leurs délégations est une idée insupportable pour les syndicats. Ils vont jusqu’à calomnier les délégués neutres, élus par leurs collègues comme représentants, en leur déniant toute légitimité.

Outre la prise de conscience que des relations de travail justes et efficaces se construisent dans le dialogue au sein même des entreprises, le gouvernement a également compris autre chose.

Ce que les syndicats présentent comme un dialogue social est en réalité une participation directe au processus décisionnel politique. Concrètement, les syndicats étaient habitués à ce que, sur les questions stratégiques, aucune décision ne soit prise sans leur accord. Une pratique démocratiquement plus que discutable. Une grande partie du monde politique trouve encore « confortable » de ne pas avoir à se forger sa propre opinion sur des domaines essentiels, et de simplement répéter ce que leur dictent les élites syndicales. Parallèlement, les syndicats refusent toute responsabilité collective pour leurs actions. « Nous formulons des revendications. Ce que cela implique et la manière dont le gouvernement les applique, ce n’est pas notre problème. »

Dans son discours sur l’état de la nation, le Premier ministre Luc Frieden a souligné qu’il ne fallait pas confondre consultation et codécision. Dans le même souffle, il a invité sa majorité parlementaire à assumer ses responsabilités.

Face aux nombreux défis, le gouvernement a peut-être compris qu’il fallait reprendre les rênes et prendre des décisions. Les systèmes de protection sociale sont sur le point de vaciller. Les salariés ont des attentes vis-à-vis de leurs relations de travail qui n’ont plus rien à voir avec la logique de lutte des classes des syndicats. L’Europe fait face à des défis immenses pour préserver notre prospérité et notre sécurité.

Le gouvernement a compris l’enjeu. L’opposition parlementaire et une partie de sa propre majorité, visiblement, pas encore.

Les syndicats ont déjà admis à plusieurs reprises qu’ils veulent avoir le dernier mot partout, sans pour autant se sentir responsables, même de loin, du bien-être à long terme du pays et de ses habitants.

La balle est dans le camp politique. C’est pour cela que les citoyens votent. Le gouvernement a la responsabilité d’assumer le leadership et de fixer le cap, même contre les résistances. Le 28 juin, des forces se mobiliseront pour exiger que rien ne change, alors qu’elles contribuent elles-mêmes bien peu à la sécurisation de notre avenir. Le gouvernement ferait bien de s’en souvenir lorsque des drapeaux rouges et verts défileront dans les rues ce jour-là. Ce ne sont pas ces forces tournées vers le passé qui réaliseront la promesse de sécurité et de prospérité pour les citoyens.

Christian Reuter

Luxembourg est-il un cas particulier dans la communauté des États européens ?

Luxembourg est-il un cas particulier dans la communauté des États européens ?

En effet, le Grand-Duché semble, du moins en surface, immunisé contre toute une série de problèmes qui causent de gros maux de tête à d’autres gouvernements.

Les entreprises luxembourgeoises paient les salaires les plus élevés au monde, bien que nous soyons désormais loin derrière en termes de productivité, de rentabilité et de compétitivité générale au sein de l’Europe, et que nous figurions aux dernières places.

Le Luxembourg verse les prestations sociales et les pensions les plus élevées et, bien que les modèles de financement correspondants ne soient pas durables, les problèmes à cet égard sont préférés d’être tus plutôt que mis à l’ordre du jour politique.

Aucun autre pays ne dépend autant d’un afflux constant de travailleurs étrangers que le Luxembourg et pourtant, nous nous permettons des relations de travail rigides et improductives, qui ne répondent ni aux besoins actuels des salariés ni à ceux des employeurs.

Les recettes fiscales directes et indirectes de la place financière contribuent de manière essentielle à la prospérité relative du Luxembourg et pourtant, ni l’opinion publique ni la politique ne semblent le reconnaître.

En tant que petit pays, l’agilité et un positionnement habile lors de la mise en œuvre des réglementations européennes seraient un avantage concurrentiel inestimable. Pourtant, nous réussissons systématiquement à restreindre encore davantage notre marge de manœuvre et celle de l’économie, au-delà même de ce qu’exigent les directives correspondantes.

Dans de nombreux domaines, nous faisons apparemment le contraire de ce qui serait conseillé compte tenu de notre situation spécifique.

Et pourtant, tout semble aller bien pour nous.

Le Luxembourg est-il un cas particulier auquel ne s’appliquent ni les recettes du succès ni celles de la catastrophe ?

La Banque mondiale, le FMI, la Commission européenne mettent en garde depuis des années, dans leurs rapports respectifs, contre les multiples déséquilibres que nous nous permettons.

Avec une bonne dose de condescendance, les évaluations et analyses des observateurs étrangers sont rejetées comme du catastrophisme. « Que savent-ils du Luxembourg ? », telle est l’opinion des syndicats et d’une bonne partie de la classe politique.

Dans le même souffle, les analyses et constats du Statec, de différents observatoires, des ministères et administrations, et bien entendu des employeurs, sont également qualifiés de propagande ou d’alarmisme lorsqu’ils ne concordent pas avec leur propre agenda.

Partout, il existe des personnes et organisations convaincues – ou qui, par calcul politique, propagent l’idée – que tous les problèmes disparaîtront si on les cache assez longtemps sous le tapis.

Mais dans bien peu de pays, la faction des négateurs de la réalité exerce un tel pouvoir institutionnel et politique.

Ce ne sont ni des analyses fondées, ni des objectifs stratégiques, ni même la réalité observable qui semblent guider l’action politique au Luxembourg.

Non, c’est plutôt un narratif qui, en quelque sorte, tient lieu de credo national, pour le meilleur et pour le pire.

Ce narratif est incarné par le « modèle luxembourgeois », c’est-à-dire un dialogue institutionnalisé entre le gouvernement, les employeurs et les syndicats sur des questions économiques et sociales importantes, avec pour objectif de trouver un consensus.

Le modèle luxembourgeois est né lors de la crise sidérurgique des années 1970, période durant laquelle le Grand-Duché a dû, ni plus ni moins, se réinventer.

Le fait que patrons, salariés et gouvernement étaient dans le même bateau et tiraient à la même corde a certainement été un ingrédient majeur du succès face à ce défi existentiel.

Encore plus déterminante fut la politique de diversification économique menée sous les gouvernements Werner et Thorn, à laquelle nous devons notamment la place financière. Cet aspect est aujourd’hui moins mis en avant.

Sans cette politique économique, le Luxembourg, modèle luxembourgeois ou non, ne se distinguerait sans doute guère aujourd’hui de la Lorraine, de la Wallonie, de la Sarre et d’autres régions qui ne se sont jamais remises du déclin de la sidérurgie.

Il est d’ailleurs étonnant que ce ne soit pas la politique économique et de positionnement visionnaire qui ait marqué la mémoire politique collective, mais plutôt un format de dialogue où partenaires sociaux et gouvernement s’assoient autour d’une table.

La politique croit donc encore aujourd’hui dur comme fer que c’est la façade qui maintient la maison debout, et non les fondations sur lesquelles elle a été bâtie.

Ces formats perdurent encore, les plus connus étant la tripartite et le comité permanent de l’emploi.

Mais le modèle luxembourgeois imprègne bien au-delà de ces institutions la conception de soi et la mentalité de la classe politique.

Le modèle luxembourgeois et le dialogue social institutionnalisé sont érigés en modèle national de réussite et ne sauraient être remis en question.

Dans la pratique, le modèle luxembourgeois n’a plus grand-chose à voir avec l’idée originelle selon laquelle les problèmes seraient abordés dans un esprit partenarial, dans l’intérêt national.

Depuis plusieurs décennies, le modèle luxembourgeois est devenu un instrument de pouvoir et d’imposition des syndicats, qui ont ainsi réussi à substituer la politique dans des points essentiels, au bénéfice de leurs membres.

Au-delà des idéalisations historiques, le dialogue social se traduit ainsi : les syndicats formulent des revendications unilatérales et non négociables que le gouvernement et les employeurs doivent avaler, et dont le coût est généralement assumé par l’ensemble de la population. Peu importe que ces revendications soient dans l’intérêt national, voire même des travailleurs dans leur ensemble.

L’argument massue brandi est celui de la paix sociale, qui met fin à toute discussion avant même qu’elle ait vraiment commencé. Officiellement, l’attitude de lutte des classes et le déni de la réalité provoquent des haussements d’épaules en politique. Mais quand la situation se tend, quelques centaines de porte-drapeaux syndicaux suffisent à faire plier tout gouvernement, s’il ne s’est pas déjà couché par obéissance anticipée. Tous invoquent la paix sociale et paient le prix exigé par les syndicats. Là où manquent courage politique et convictions, l’argent est utilisé pour acheter la paix. Quelle tripartite de ces trente dernières années s’est attaquée à un problème structurel ? Probablement aucune.

Grâce à notre politique de niches et à notre modèle économique, nous avons pu jusqu’ici acheter la paix sociale aux conditions des syndicats, au lieu de négocier dans l’intérêt général.

Mais l’étau se resserre. De plus en plus de pays deviennent nos concurrents. La compétitivité, dont personne ne veut entendre parler au Luxembourg, fond comme neige au soleil. Les lois économiques et financières, qui semblaient ne pas s’appliquer au Luxembourg, reprennent apparemment leurs droits.

L’environnement des entreprises et les relations de travail évoluent très rapidement, et économie comme politique devraient commencer à s’y adapter.

Mais vous l’avez deviné : qu’est-ce qui compte plus que les chiffres et les faits ? Exact, le modèle luxembourgeois, qui n’a plus rien à voir avec la transformation et l’agilité dans la gestion des crises, mais tout avec la défense des acquis et des positions de pouvoir.

La politique continue d’assimiler la position des syndicats à celle des travailleurs, bien que ceux-ci admettent ouvertement défendre uniquement les intérêts financiers de leurs membres, sans aucun sentiment de responsabilité nationale.

Dans le même souffle, les dirigeants syndicaux exigent que le gouvernement, au nom du modèle luxembourgeois, ne prenne que des décisions qu’ils ont eux-mêmes validées.

Un paradoxe. « Nous ne sommes responsables de rien, mais voulons tout décider… » et la politique joue le jeu.Un paradoxe. « Nous ne sommes responsables de rien, mais voulons tout décider… » et la politique joue le jeu.

Dans un souci de bonnes pratiques démocratiques et de pérennité du pays, il serait temps que le gouvernement et la politique soumettent ce vieux narratif à une évaluation critique et, le cas échéant, s’en émancipent ainsi que de la prétention des syndicats à l’omnipotence.

Si nous partons du principe que nous ne sommes pas un « cas particulier » de l’Histoire, le Luxembourg a besoin d’un nouveau narratif pour pouvoir continuer à offrir à sa population le niveau de vie auquel elle est habituée. Ce narratif devra s’appuyer à nouveau sur des valeurs telles que l’engagement, l’agilité, la curiosité et l’esprit d’entreprise. Le déni de la réalité et la défense des acquis ne nous mèneront plus bien loin. C’est à cela que le gouvernement devrait penser, lorsque les drapeaux défileront à nouveau dans les rues.

„Ein Arbeitsminister, der sich wirklich für Arbeit interessiert“

„Ein Arbeitsminister, der sich wirklich für Arbeit interessiert“

Georges Mischo ist Arbeitsminister. Im Gegensatz zu seinen Vorgängern scheint er sich tatsächlich für Arbeit zu interessieren. Das macht ihn zu einem roten Tuch für die Gewerkschaften und zu einer suspekten Figur für große Teile der politischen Klasse.

Mischo bricht mit einem ungeschriebenen Gesetz. In Luxemburg sind es die Gewerkschaften und nur die Gewerkschaften, die den Arbeitsbegriff und alles, was sich daraus ableiten lässt, definieren dürfen. Der Politik ist in ihren Augen höchstens ein Erfüllungsgehilfe, dem jeder gestalterische Rahmen verwehrt wird und eventuelle Anforderungen von Arbeitgeberseite werden als Provokation und Frechheit aufgenommen.

Diese Luxemburger Eigenart wird von den meisten politischen Verantwortungsträgern kritiklos, und was noch schlimmer ist, anscheinend komplett unreflektiert, hingenommen.

Anscheinend unbelastet von diesem historischen Paradoxon, erlaubt sich der Arbeitsminister eigenständige Gedanken über das Ressort, das ihm anvertraut wurde, anzustellen und thematisiert das ebenso Offensichtliche wie auch Unaussprechliche.

Gewerkschaften haben ein massives Legitimationsproblem.

Ihr Monopol und der lähmende Einfluss, den sie auf politische Zukunftsdiskussionen ausüben, werden nicht mehr von einer entsprechenden Unterstützung durch die Arbeitnehmer getragen.

Eine der Gewerkschaften insbesondere scheint mit ihrem Gedankengut, ihrem Selbstverständnis und ihren Methoden noch in den Klassenkämpfen des 19. Jahrhunderts verhaftet zu sein.

Die Arbeitswelt und die Ansprüche der Arbeitnehmer an ihre Arbeit werden jedoch zunehmend individueller und differenzierter. Unternehmen agieren unter immer komplexeren und weniger überschaubaren Rahmenbedingungen. Arbeitnehmer und Unternehmen erleben verschiedene Lebens- und Arbeitszyklen, denen man nur mit maßgeschneiderten Lösungen gerecht werden kann.

Diese Emanzipationsbewegungen sind für die Gewerkschaften der größte anzunehmender Unfall. Angesichts der wachsenden Herausforderungen setzen viele Regierungen auf faktenbasierte Politik. Wir blicken auf die Welt, wie sie ist, und nicht, wie wir sie uns wünschen, und versuchen, eine Politik zu machen, die für die Mehrheit der Menschen funktioniert.

Tatsache ist, dass das Organisationsmodell der Gewerkschaften zunehmend an Bedeutung verliert. Das ist keine Aussage der Politik oder der Arbeitgeber, sondern wird durch das messbare Verhalten der Arbeitnehmer bestätigt. Bei den Sozialwahlen geben fast 70 Prozent der wahlberechtigten Arbeitnehmer keiner der angetretenen Gewerkschaften ihre Stimme – ein klares Zeichen. In 77 Prozent der kleinen und mittelständischen Unternehmen, die über 95 Prozent aller Betriebe ausmachen, wird die Personaldelegation durch unabhängige Mitarbeiter ohne Gewerkschaftsbeteiligung besetzt.

Der Arbeitsminister fragt daher, ob die zukünftige Gestaltung der Arbeitswelt auf zentraler Ebene erfolgen soll oder ob eine Einbindung aller Mitarbeiter und Unternehmen sinnvoller wäre, um den Arbeitsalltag dort zu gestalten, wo er tatsächlich stattfindet.

Der Minister hat angekündigt, alle Standpunkte anzuhören und sich dann eine eigene Meinung zu bilden, anstatt wie bisher üblich einseitig die Gewerkschaftspositionen zu übernehmen.

Die Gewerkschaften werten dies als Affront. Sie sind nicht bereit, sich dieser Diskussion zu stellen und knallen die Tür.

Die Politik könnte dies als Chance begreifen, um in Arbeitsfragen wieder mehr Handlungsspielraum zu gewinnen und den lähmenden Einfluss der Gewerkschaften auf gesellschaftliche Zukunftsfragen auf ein verträgliches Maß zurückzuführen.

Leider agiert Politik selten faktenbasiert und wird meist durch individuelle Interessen geleitet. Daher überrascht es wenig, dass in den Kulissen bereits die Messer gewetzt werden, um dem Arbeitsminister in den Rücken zu fallen.

Sobald es brenzlig wird, stimmen gewerkschaftsnahe Politiker und Opportunisten aller Couleur das hohe Lied des „Luxemburger Modells“ und des Sozialdialogs an – dem  Grundpfeiler des Sozial- und Wohlstandsstaates.

Nüchtern betrachtet, besteht der institutionelle Sozialdialog jedoch meist darin, dass die Gewerkschaften unilateral bestimmen, was zu geschehen hat, die Arbeitgeber dies schlucken müssen und der Steuerzahler die Rechnung trägt.

Was Luxemburg am Laufen hält ist der Sozialdialog innerhalb den Unternehmen.

Es verdichten sich die Zeichen, dass auch Luxemburg eine Phase erreicht hat, in der Probleme durch politische Entscheidungen und nicht nur durch Geld gelöst werden müssen.

Ob es seine Absicht war oder nicht, der Arbeitsminister hat ein Gelegenheitsfenster geöffnet. Will man den Status quo beibehalten, in dem die Gewerkschaften in Arbeitsfragen und darüber hinaus, das Sagen haben, oder will die Politik in einer zunehmend komplexeren und vielfältigeren Welt eigene Handlungsfreiheit zurückgewinnen?

Die Arbeitswelt und die Wirtschaft verändern sich. Die Frage ist, ob die Politik diese Prozesse konstruktiv begleiten kann oder ob wir weiterhin im 19. Jahrhundert verharren möchten. Ein Arbeitsrecht, das ermöglicht statt verhindert, Kollektivverträge als Leitplanken statt Zwangsjacken und Gestaltungsräume im Betrieb gemeinsam mit den Mitarbeitern – das wären die Wege, auf denen wir vorankommen könnten.

Überlassen wir den Gewerkschaften weiterhin das Recht, darüber zu entscheiden, was in Luxemburg zur Debatte stehen darf und was nicht, haben wir bereits verloren.

Christian Reuter
Fédération des Artisans
Stellvertretender Generalsekretär

 

Kollektivverträge im Wandel: Wie Flexibilität in der Arbeitswelt von heute gelingen kann

Kollektivverträge im Wandel: Wie Flexibilität in der Arbeitswelt von heute gelingen kann

 

Kollektivverträge Ja oder Nein? Darüber scheiden sich im Handwerk die Geister.

Kollektivverträge schaffen rechtliche Klarheit, minimieren individuelle Verhandlungsprozesse und garantieren, im Prinzip, faire Konkurrenzbedingungen gegenüber ausländischen Anbietern. Doch diese Stabilität hat ihren Preis.

Luxemburg leistet sich noch immer eines der weltweit restriktivsten Arbeitsgesetze, welches ideologisch in den Klassenkämpfen des 19. und frühen 20. Jahrhundert gründet.

Moderne, an die individuellen Bedürfnisse der Arbeitnehmer und gleichzeitig an die Herausforderungen der Unternehmen angepasste Arbeitsorganisation ist unter diesen Umständen nicht möglich.

Kollektivverträge in Luxemburg bieten kaum zusätzlichen Verhandlungsfreiraum, da es keine wirkliche Möglichkeit gibt vom Arbeitsrecht abzuweichen und weil Gewerkschaften „win-win“- Situationen als Verhandlungsresultat ablehnen. Kollektivvertragsverhandlungen sind Fortsätze des Klassenkampfes und „Verbesserungen“ müssen der Gegenseite abgerungen werden. Langfristige Perspektiven, wie die Absicherung von Wirtschaftszweigen, Arbeitsplätzen oder Berücksichtigung von globalen Trends spielen keine Rolle. 

Im Handwerk sind im Laufe der Jahre eine ganze Reihe von Kollektivverträgen verschwunden und dort, wo sie noch existieren, sind die meisten mit einem großen Fragezeichen versehen. Alleine der Umstand, dass sich ein Sektor erdreisten könnte eigene Erwartungen anzumelden wird von den Gewerkschaften als rotes Tuch angesehen.

Digitalisierung, Individualisierung der Lebensweisen, Globalisierung, Kundenerwartungen, … auf all diese Fragen bieten Kollektivverträge in ihrer jetzigen Prägung keine Antworten.

Während Kollektivverträge und die dazugehörige Tarifautonomie klassischerweise in den Einflussbereich der Sozialpartner fällt, versucht nun die Politik in Europa und in den Mitgliedsstaaten dieses Thema für sich einzunehmen. Im Sinne der Angleichung von Lohn- und Arbeitsbedingungen sollen neben Mindestlohn nun auch Kollektivverträgen eine stärkere Rolle zukommen. 

In diesem Kontext hat die luxemburgische Regierung nun einen ersten Entwurf zu einem nationalen Aktionsplan für die Förderung von Kollektivverträgen vorgelegt. 

In ihrem Aktionsplan verfolgt die Regierung den klassischen, klassenkämpferischen Ansatz, in dem es nur um einen Zuschlag auf das ohnehin schon erdrückende Arbeitsrecht geben darf. in

Jedoch in einer Zeit, in der sich die Arbeitswelt rasant verändert, stehen viele Unternehmer vor der Frage, wie zeitgemäß traditionelle Kollektivverträge noch sind. Digitalisierung, Globalisierung und neue Ansprüche der Arbeitnehmer erfordern von Unternehmen schnelle Anpassungen und mehr Flexibilität – doch gerade hier stoßen klassische Kollektivverträge oft an ihre Grenzen. Aus der Perspektive vieler Arbeitgeber stellt sich die berechtigte Frage: Wie können man die starren Strukturen dieser Vereinbarungen aufbrechen, ohne den sozialen Frieden und den rechtlichen Schutz zu gefährden? Und gibt es Alternativen, die es ermöglichen, agiler zu handeln?

 In den Augen der Arbeitgeber sollte die Arbeit auf Betriebsebene geregelt werden können. Nur dort kann man die Anforderungen und Erwartungen der Arbeitnehmer und der Unternehmen in Einklang bringen.

Die Sozialwahlen zeigen regelmäßig, dass Gewerkschaften in den allermeisten Unternehmen keine Rolle spielen und, dass freie Personaldelegationen geeignete Ansprechpartner sind, um Organisationsfragen zu diskutieren.

Natürlich können Kollektivverträge einen Rahmen bieten, um solche Prozesse in den Unternehmen zu begleiten. Aber auch da braucht es mehr Handlungsspielraum. Pisten wären Flexibilitätsklauseln. Diese ermöglichen es Unternehmen, in einem festgelegten Rahmen von den heute so starren Vorgaben des Kollektivvertrags abzuweichen. Gerade in Bereichen wie Arbeitszeiten oder der leistungsabhängigen Vergütungen bieten solche Klauseln die notwendige Beweglichkeit. Unternehmen können so auf kurzfristige Veränderungen reagieren. Beispielsweise könnten Betriebe flexiblere Arbeitszeitmodelle einführen, die den Bedürfnissen ihrer Belegschaft und den Anforderungen des Marktes gleichermaßen gerecht werden.   

Mindestschutz durch Kollektivverträge mit einem größeren Spielraum für individuelle Verhandlungen auf Betriebsebene. Dies würde Unternehmen die Möglichkeit geben, auf spezifische betriebliche Anforderungen einzugehen.

Doch dazu müsste der Gesetzgeber bereit sein einen guten Teil des Gestaltungsfreiraumes innerhalb eines vorgegebenen Rahmens zurück an die Unternehmen und ihre Mitarbeiter zu geben. 

Es wird deutlich, dass Kollektivverträge in ihrer bisherigen Form oft nicht mehr alle Anforderungen einer modernen Arbeitswelt erfüllen können. Doch anstatt sie vollständig abzuschaffen, sollten sie weiterentwickelt werden. Flexibilisierungen, Differenzierungen bieten Ansätze, um den Balanceakt zwischen betrieblicher Anpassungsfähigkeit und sozialem Schutz zu bewältigen. 

Dabei ist es entscheidend, dass alle Akteure – Arbeitgeber, Arbeitnehmer und Gewerkschaften – an einem Strang ziehen. Nur durch einen konstruktiven Dialog können moderne Lösungen entwickelt werden, die sowohl den wirtschaftlichen Erfordernissen als auch den sozialen Bedürfnissen gerecht werden. Schließlich geht es nicht darum, den Kollektivvertrag zu ersetzen, sondern ihn fit für die Zukunft zu machen.

Die Fédération des Artisans wird weiterhin an diesen Themen arbeiten und sich dafür einsetzen, dass unsere Mitglieder die notwendige Flexibilität erhalten, um auch in einer dynamischen Arbeitswelt erfolgreich zu bleiben. Flexibilität und Fairness dürfen sich nicht ausschließen – sie müssen sich ergänzen.

 

La réunion nationale logement : Les points phares qui intéressent le secteur de la construction. / Der nationale Wohnungsbautisch: Massnahmen, die das Bauhandwerk interessieren

La réunion nationale logement : Les points phares qui intéressent le secteur de la construction.

Le 22 février 2024, s’est tenue une réunion nationale logement qui a réuni sept membres du gouvernement, des responsables communaux et des représentants de l’artisanat de construction et du monde financier. La Fédération des Artisans était représentée par son Vice-Président Roland Kuhn et par le Secrétaire général adjoint, Patrick Koehnen.

Depuis fin 2022 la Fédération des Artisans sensibilise la politique à la crise qui est en train de se dérouler au sein de la filière de la construction. La réunion a dégagé une multitude de propositions et d’initiatives pour redynamiser l’activité de la construction et donc de stabiliser potentiellement les cahiers de commandes des entreprises.

Le détail de ces mesures seront discutés dans différents groupes de travail qui prendront fin, fin mai de cette année. 

Les discussions portent notamment sur le rachat de projets Vefa par la main publique, des mesures fiscales supplémentaires et des allègements substantiels au niveau des procédures d’autorisations. Nous vous tiendrons au courant dès que les projets de lois afférents sont connus.

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Der nationale Wohnungsbautisch: Massnahmen, die das Bauhandwerk interessieren.

Am 22. Februar fand ein nationales Treffen zum Thema Wohnungsbau statt, an dem sieben Regierungsmitglieder, Kommunalbeamte und Vertreter des Bauhandwerks und der Finanzwelt teilnahmen. Die Fédération des Artisans war durch ihren Vizepräsidenten Roland Kuhn und den stellvertretenden Generalsekretär Patrick Koehnen vertreten.

Seit Ende 2022 sensibilisiert die Fédération des Artisans die Politik für die Krise, die sich in der Baubranche abspielt. Das Treffen brachte eine Vielzahl von Vorschlägen und Initiativen hervor, um die Bautätigkeit wiederzubeleben und somit die Auftragsbücher der Unternehmen potenziell zu stabilisieren.

Die Einzelheiten dieser Maßnahmen werden in verschiedenen Arbeitsgruppen diskutiert, die ihre Arbeiten Ende Mai dieses Jahres abschließen werden.

Die Diskussionen betreffen insbesondere den Ankauf von Vefa-Projekten durch die öffentliche Hand, zusätzliche steuerliche Maßnahmen und erhebliche Erleichterungen bei den Genehmigungsverfahren. Wir werden Sie auf dem Laufenden halten, sobald die entsprechenden Gesetzesentwürfe bekannt sind.